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Vini Garage Company, le chaudron bourguignon.

 
 
Il y a des chapes de plomb, de-ci de-là. Chez les créatifs c’est bien normal, sous des couches de protections malhabiles, leurs créations sont les parts visibles de l’usine émotionnelle tapie à l’intérieur.

Des introspections et de la pudeur, malgré l’épiderme tatouée de placards immenses. Ceux-là ne mentent pas, ils sont la résurgence de la décantation de l’âme venant s’imprimer à la surface du corps. Souvent, le discours de leur porteur se barre à la déconne, comme pour essayer de camoufler cette fresque corporelle déchiffrable qui conte le personnage. Il suffit de lire pour entrevoir, même si les interprétations diffèrent de l’un à l’autre
Et quoi de mieux, pour parfaire l’idée qu’on s’en fait, que d’admirer les projets accomplis avec passion, dans la vision propre du boss, Vini. Les motos qui sortent de son atelier sont la face émergée, les œuvres mortes du marin, les œuvres vives persévèrent dans la caboche bouillonnante de leur créateur, car le plus beau projet reste celui à venir, c’est la route à suivre, inexorablement, pour demeurer en vie, passionnément. 
 
Ce texte pourrait ainsi se nommer « résistance icaunaise », car un vent antédiluvien s’est abattu sur l’atelier et le tolier depuis quelques années maintenant, et que nous sommes dans l’Yonne, en Bourgogne. Un vent qui a fait cent fois le tour de la Terre avant de terminer sa course, et de s’essouffler, entre le pont et l’établi. Un vent qui fleure bon les années de grâce, les années soixante-dix et quatre-vingt. 
  
Les projets s’amoncellent, une Terrot des années 30 est posée là en attendant la réfection de son embrayage, et plus loin dans le garage, se retrouvent ensemble des GSX 1100, des GL 1100, des CB Twin, et autres beautés, que certains qualifieraient de vieilleries… les phares sont ronds, les selles démesurées, et le métal patiné ! C’est ce que nous aimons, nous l’avouons sans torture. L’atelier se mue alors en ressourcerie, afin que le vent reprenne un souffle nouveau, et que l’âme de ces mécaniques anciennes alimentent encore nos vies de passionnés. Et c’est l’école de la débrouille et des idées de génie, que Vini, le proprio, met en application, croquis et ligne de conduite, puis coups de disqueuse, poste à souder et ponçage à la main, plutôt que de commander online un fatras de contrebande qu’il aurait juste à coller, pardon, à visser. L’une des devises pourrait être : pourquoi jeter cette pièce alors qu’elle peut servir à un autre projet de construction moto !
Le chaudron bourguignon donne naissance à des brêles ineffables, souvent dingues et frappées, mais la question pointe toujours en bout de ligne droite « Tu m’laisses l’essayer ? ». Et puis dans le chaudron ou le creuset, il y a toujours des choses qui s’agglomèrent, qui fusionnent et surtout la motivation inaltérable de faire vivre le rêve. J’aime ces ateliers mécaniques disséminés dans la campagne, loin des grandes agglomérations, des endroits improbables certainement, mais nécessaires, car les zones sont désertifiées, les bouclards d’antan ne subsistant qu’en nuances sépias dans quelques mémoires vieillissantes
Ce récit nous a été envoyé par Vincent de Vini Garage Company
Les textes et photos sont l’œuvre de Mr « Pâte à roder »
https://www.facebook.com/PateARoder/

One Response to Vini Garage Company, le chaudron bourguignon.

  1. toujour des tres belles photos
    bruno motosport62

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